Déployer des espaces de Régulation
La régulation est un processus de systémie qui repose sur la liberté et la responsabilité des personnes. Elle repose sur une démarche volontaire, impliquant la responsabilité de chacune des parties tandis que tous les échanges sont couverts par la plus stricte confidentialité.
Convaincu des impacts de la régulation, nous vous proposons une méthodologie pour améliorer le relationnel et le collectif ou dénouer les fils

Comprendre les différents niveaux de maturité d’un collectif
| Stades | Niveaux | Axe stratégique : Quelles priorités ? | Axe technique : Quels outils ? | Axe structurel : Quel Management? Quelles ressources? | Axe culturel : Quelle culture? |
|---|---|---|---|---|---|
| Dynamique individuelle | 1 | Le fonctionnement de l’équipe est limité à la gestion des effectifs (coprésence, planning, variété des métiers, etc.). Les difficultés de fonctionnement sont considérées comme liées à des personnes. Les professionnels décident des accompagnements pour la personne sans la consulter. | Les professionnels exécutent la tâche de façon individuelle telle qu’acquise en formation initiale. Des outils de contrôles normatifs existent. La formation est centrée sur le maintien des compétences techniques. | Les responsables des équipes prennent seuls les décisions. Le fonctionnement de l’équipe est cloisonné. L’encadrement se focalise sur le contrôle. La réflexion et la décision relèvent de l’encadrement sans l’avis des membres de l’équipe. Les structures opérationnelles (comités, cellules, etc.) se préoccupent exclusivement de l’activité. | Il n’y a pas de sentiment d’appartenance à une équipe. Rien ne filtre à l’extérieur : culture du silence (moins on déclare et plus on est tranquille). Les individus sont considérés comme la cause des dysfonctionnements. Il y a une culture du blâme qui rend les professionnels réticents à signaler les événements indésirables. Les professionnels définissent entre eux le niveau d’informations utile. |
| Equipe en apprentissage | 2 | L’efficacité de l’équipe repose uniquement sur les compétences techniques individuelles. Les difficultés de fonctionnement sont encore considérées comme liées à des personnes. La personne accompagnée dispose de supports d’information. | Les outils visant l’amélioration de la compétence en équipe sont ponctuellement utilisés . Les réunions d’analyse de pratiques sont très techniques. Seule une partie de l’équipe est associée. Des outils de la qualité et de la sécurité des soins existent mais sont utilisés par quelques initiés (signalement des EI, analyse systémique des événements indésirables, etc.). Les outils disponibles sont peu connus et les formations peu développées. | Les membres de l’équipe ne sont sollicités qu’en cas de crise. La réponse à la crise est de nature règlementaire. Les crises sont gérées en interne de manière confinée. Les plaintes font l’objet d’une gestion axée sur la défensive. | Les grands principes de fonctionnement d’équipe et de sécurité des personnes accompagnées sont affichés mais ne se traduisent pas par des actions concrètes. Les incidents et les événements sont superficiellement investigués. On préconise des solutions après chaque crise mais sans suivi d’un plan d’action. Le questionnaire de satisfaction est à disposition des personnes accompagnées |
| Dynamique collective en marche | 3 | La composition des équipes est réalisée au regard des obligations règlementaires. La gestion des situations est basée sur le respect recommandations de bonnes pratiques par obligation. Les droits des personnes accompagnées sont pris en compte. | Les outils d’analyse des pratiques et les outils de pratiques collaboratives mis à disposition sont connus et utilisés par un plus grand nombre d’acteurs. Les outils permettant de construire et sécuriser le collectif sont adoptés et font l’objet de formations Les outils d’analyse de la satisfaction des personnes accompagnées et les réclamations sont utilisés. | Les expertises sont utilisées de manière cloisonnée, en silo, sans transfert de compétence, ni de partage ou de mutualisation entre les membres de l’équipe. Les réunions institutionnelles formelles répondent aux obligations. Le management délègue la gestion de la qualité et de la sécurité à des spécialistes. La gestion est cloisonnée. La participation de la personne accompagnée se fait exclusivement sur la base des enquêtes de satisfaction (affichage). | Le système en place répond aux exigences réglementaires et aux recommandations. Les actions d’ordre réglementaire sont mises en œuvre sans leur donner du sens. L’analyse des événements est superficielle avec une simplification des causes : « recherche de coupable ». Les interfaces sont peu investiguées et les personnes ressources identifiées peu sollicitées |
| Maitrise du collectif | 4 | Le pilotage de l’équipe ou de l’unité s’appuie sur des compétences techniques et des compétences non techniques qui sont valorisées. La solidarité entre professionnels est une valeur socle. La personne accompagnée est associée, les professionnels décident et accompagne avec. | Les pratiques sont encadrées par des temps de préparation à l’action (briefing et débriefing). Ces outils sont maîtrisés et partagés en équipe de manière consensuelle. | L’expression de tous les membres de l’équipe est spontanée et intégrée dans la pratique quotidienne (réunion d’équipe, CREX, etc.). Les structures de gestion de la qualité et de la sécurité sont connues. Les managers sont tous formés aux modalités de prises de décisions collectives. Leurs équipes sont associées aux décisions. Les personnes accompagnées sont régulièrement consultés sur le fonctionnement du service. | L’équipe s’approprie les résultats des indicateurs et se sent concernée dans une culture de transparence. Le groupe est solidaire et il existe un sentiment d’appartenance. Les événements sont signalés et connus de tous. L’analyse est faite en tenant compte des interfaces. Les personnes qui signalent sont valorisées. La personne accompagnée est intégrée dans les stratégies collectives de prise en charge comme un acteur participatif qu’on écoute. |
| Equipe pro-active et résiliente | 5 | La qualité et la sécurité sont des valeurs « socles » affichées par l’établissement et le service. Les arbitrages sont en faveur de la sécurité et les « no go* » sont appliqués avec l’adhésion de l’ensemble de l’équipe. La personne accompagnée est considérée comme un acteur dans la récupération des erreurs. (* Le droit au doute avant de faire un acte est admis. Le doute est levé ou l‘acte est reporté). | Les professionnels ont des comportements qui sécurisent. Les outils intégrés au quotidien dans les comportements et utilisés relèvent : des pratiques de fiabilité, de l’alerte, de la gestion des situations imprévues, de la récupération des erreurs, de simulation, de méthode du shadowing* et de communication. Les équipes apprennent de leurs expériences. La personne accompagnée est invitée à interpeller les professionnels pour qu’ils respectent les bonnes pratiques. (*Observation d’un professionnel expérimenté) | La parole de chacun a la même valeur, quel que soit le métier. Tous les membres de l’équipe se sentent libres de contribuer au processus de décision, y compris la personne accompagnée. Les structures opérationnelles de la qualité et de la sécurité contribuent au retour d’expérience institutionnel. | La culture solidaire est engendrée par les acteurs eux-mêmes. La valeur du service collectif rendu à la personne accompagnée dépasse tous les intérêts personnels. La personne accompagnée est co-actrice dans toutes les décisions le concernant. Les leçons tirées sont portées à l’attention de l’établissement pour bénéficier au plus grand nombre |